EbeneMagazine – FR – Avec Marie-Hélène Lafon le Renaudot couronne une grande œuvre

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Méfiez-vous de Renaudot. L’an dernier, les jurés avaient couronné « La Panthère des neiges » au dernier moment par Sylvain Tesson, qui n’était même pas sur la liste et avait largement dominé Goncourt en termes de ventes. . Avec Marie-Hélène Lafon (58 ans), ils rendent à nouveau hommage à un écrivain important, une œuvre qui est plus qu’un seul livre. « Histoire du fils » s’inscrit dans une longue lignée, celle d’une paysanne des hauts plateaux du Cantal, qui par sa force d’étude et son mérite désuet, devient professeur de lettres classiques, mais dont l’ensemble de l’œuvre repose sur les paysages splendides et stériles de cette partie d’Auvergne, le semblent oubliés du réseau SNCF et de la carte littéraire.

On n’a jamais vu la rivière Santoire, l’enfance de Marie-Hélène Lafon, mais on l’imagine avec la même force que certaines rivières décrites par de grands écrivains américains. L’écrivain rural n’a cependant rien de régional au sens populaire. Pas de nostalgie du pays (l’enfance y est si difficile). Il n’agrandit pas le passé, mais l’arrache plutôt à l’oubli. Ses personnages? Des gens tranquilles, des paysans, des travailleurs saisonniers. Comme « Joseph » (2014), toute une vie anonyme dans l’angle mort de la société, loin de tout et même de tout café ou magasin, dans ces fermes que même les enfants ont dû quitter pour aller au lycée, et ils sont France de Poulidor, mais sans la lumière, sans aucune autre race que celle-ci, sans fin pour traire, ramener ou sortir les animaux.

Ces livres sentent la terre, la neige hivernale, les mauvaises herbes, le bruit du vent et de la rivière et le sentiment irrévocable de solitude dans ces choses abandonnées qui ne seraient laissées pour rien dans leur monde. C’est parfois « l’amour est dans le pré » mais dans la vraie vie, comme dans « l’Annonce » (2009), un récit extrêmement méticuleux d’une rencontre qui a émergé d’une agence matrimoniale, avec une tension attachée à celle-là est-ce que cela peut exister à chaque naissance d’un couple, avec chaque défi pour faire face à l’impossible bruit silencieux. Une histoire presque silencieuse et magnifique. L’harmonie d’une adaptation au silence de l’autre.

Tout ce travail est un murmure. L’Agrégée de Grammaire, à laquelle Flaubert, l’ermite de Croisset en Normandie, a consacré un livre dont elle avoue lire et relire la correspondance monumentale, se rapproche de « Un cœur simple », la nouvelle écrite par « Madame Bovary » Dédié à une pauvre paysanne dévouée aux autres et que personne d’autre que son perroquet n’a jamais regardée . . .

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Mais rien de si exotique chez Marie-Hélène Lafon. Pas de perroquets dans une ferme. Mais les couples, parfois des faits différents, un mariage qui se transforme littéralement en battement de sang. Célibataire et sans enfant, «montée» en région parisienne pour y enseigner (ces voyages ou l’arrivée de parents dans une voiture ancienne, alimentent quelques histoires), l’auteur est resté fidèle à une petite maison dès la toute première édition, Buchet-Chastel , dont elle est devenue la star.

fidélité. Est d’un français de haut niveau mais accessible. A des personnages qu’elle prend d’un livre à l’autre. Dans cet océan de plateaux de haute montagne. A ce titre, ce Renaudot couronne une continuité avec des manœuvres d’évitement en direction de nouvelles zones. « Histoire du fils » examine une famille entre Figeac dans le Lot, Chaterelle ou Aurillac, berceau de l’écrivain dans le Cantal, et Paris, où elle vit. Dans « Our Life » (2017) elle poursuit également le portrait dans la capitale de cette minuscule vie, car c’est une non-rencontre entre un homme et le caissier d’un Monoprix, un océan, sur la solitude et le non-dit mais si proche la grande histoire qui a échappé à la passion à un prix élevé. Actualités, romans, recueils autobiographiques ou interviews, il faut tout lire sur Marie-Hélène Lafon. Fuir. Retrouver une nature fondamentale mais non glorifiée, dure, vivante, parfois dangereuse. La vie nue et au plus près des mots.

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Ref: https://www.leparisien.fr

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